En Suisse, une demande de crédit pour l’installation d’un médecin ressemble à un financement PME “hautement cadré” : la banque veut surtout voir un projet autorisé, un budget béton, et une capacité de remboursement crédible (avec un plan de trésorerie qui tient compte des délais d’encaissement).
A lire : https://multicredit.ch/fr/credit-independant-medecin-generaliste/
1) Avant le crédit : verrouiller les prérequis “médicaux”
Avant même d’entrer dans la négociation financière, on te demandera (directement ou indirectement) de prouver que ton activité est praticable :
- autorisation de pratiquer (selon canton) et cadre de facturation (souvent évoqué comme “à charge de l’AOS” quand pertinent).
- choix du modèle : création, reprise d’un cabinet, cabinet de groupe, etc. (ça change le financement : rachat de patientèle/actifs vs simple agencement).
2) Les financements utilisés en pratique (souvent en “pack”)
On finance rarement tout avec un seul prêt. Le montage classique combine :
Crédit d’investissement
Pour :
- agencement / travaux, mobilier, informatique
- achat d’équipements (si pas en leasing)
Le business plan sert notamment à demander un crédit d’investissement (distinct du crédit d’exploitation). (Ma vie de médecin)
Crédit d’exploitation (trésorerie / BFR)
Pour :
- payer salaires, charges, fournisseurs
- absorber le décalage entre consultations et paiements
Souvent sous forme de ligne de crédit (plus souple qu’un prêt).
Leasing médical
Très fréquent pour certains équipements (imagerie, lasers, appareils spécifiques) : ça évite de “bloquer” trop de cash au départ.
Factoring (option très utilisée au démarrage)
Utile si tu veux lisser la trésorerie (encaissement plus rapide de tes débiteurs), particulièrement pour les nouveaux cabinets.
3) Le dossier que la banque attend (la checklist qui évite les allers-retours)
Business plan + chiffres (indispensable)
- résumé du projet (spécialité, lieu, positionnement, horaires, organisation)
- budget d’installation poste par poste (travaux, matériel, IT, dépôt de garantie, etc.)
- prévisions sur 3 ans (CA, charges, seuil de rentabilité, trésorerie) (credit-medical.ch)
Certaines banques publient même des guides/checklists “business plan médecin”. (Migros Bank)
Si reprise de cabinet (en plus)
- valorisation du cabinet (prix de reprise, inventaire matériel, éventuellement goodwill/patientèle)
- historique de chiffres (si disponible) + plan de transition (reprise des patients, équipe, bail)
Profil du médecin (souvent déterminant)
- parcours, titres, expérience
- situation personnelle (apport, dettes existantes)
- parfois garanties / caution personnelle (selon montage)
4) Comment la décision se prend (ce qui fait “oui”)
Les points qui pèsent le plus :
- capacité de remboursement : est-ce que le cash-flow couvre l’échéance en scénario prudent ?
- apport : plus tu peux mettre de fonds propres, plus le dossier passe facilement
- réalisme des hypothèses : volume de patients, tarifs, délais d’encaissement, charges (assistant(e), loyer, assurances, logiciels…)
- risque et garanties : nantissement/garanties si besoin
Coup de pouce possible : le cautionnement
Si la banque te suit mais veut réduire son risque, il existe des coopératives de cautionnement soutenues par la Confédération (SECO) qui peuvent garantir une partie du crédit, en Romandie notamment via Cautionnement romand (jusqu’à CHF 1’000’000 selon conditions).
5) Le déroulé, étape par étape
- Pré-étude (montant, usage, durée, plan de remboursement)
- Remise du dossier (business plan + prévisions + pièces)
- Analyse risque (trésorerie, garanties, structure)
- Offre (taux, durée, amortissement, conditions, garanties)
- Signature + mise en place (et décaissement en une fois ou par tranches)
