Lorsqu’on parle de maladies ou de complications liées à une augmentation mammaire (pose d’implants), plusieurs notions peuvent être englobées sous le terme générique de « Breast Illness » ou « Breast Implant Illness » (souvent abrégé BII). Cette expression est utilisée par certaines patientes et certains professionnels de santé pour décrire divers symptômes physiques et psychologiques qu’ils attribuent à la présence d’implants mammaires. Bien que la science médicale n’ait pas encore établi de consensus définitif sur l’existence et les mécanismes précis de cette entité, on constate tout de même des complications et des troubles réels liés aux implants mammaires.
Le sujet peut se diviser en plusieurs volets :
- Le « Breast Implant Illness » (BII) à proprement parler (symptômes généraux).
- Les complications locales (contracture capsulaire, rupture, infections, etc.).
- Le Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules associé à un implant mammaire (LAGC-AIM).
Le « Breast Implant Illness » (BII)
Définition et controverses
- Le terme « Breast Implant Illness » n’est pas officiellement reconnu comme une maladie à part entière par toutes les autorités de santé.
- Il est utilisé pour décrire un ensemble de symptômes que certaines femmes portant des implants mammaires disent ressentir.
- Les symptômes rapportés peuvent inclure :
- Fatigue chronique,
- Douleurs musculaires et articulaires,
- Troubles de la mémoire et de la concentration (« brouillard cérébral »),
- Troubles cutanés (irritations, eczéma),
- Troubles du sommeil,
- Troubles de l’humeur (anxiété, dépression).
Hypothèses explicatives
- Réaction immunitaire : Certains suggèrent que l’organisme pourrait développer une réaction inflammatoire chronique à la présence d’un corps étranger (l’implant).
- Fuite ou diffusion de particules : Dans le cas d’implants en silicone, de petites quantités de silicone pourraient migrer vers les tissus, provoquant une réaction inflammatoire ou immunitaire.
- Prédispositions personnelles : Certains facteurs génétiques et immunologiques (maladies auto-immunes préexistantes, sensibilités particulières) pourraient rendre certaines patientes plus sujettes à développer des symptômes.
Reconnaissance et prise en charge
- Malgré l’absence de consensus, certains chirurgiens plasticiens et centres médicaux reconnaissent que des patientes présentent ces symptômes et proposent un examen clinique et un suivi.
- Dans certains cas, le retrait des implants et de la capsule péri-implantaire (tissu cicatriciel autour de l’implant) peut être envisagé pour soulager les symptômes.
- Les études se poursuivent pour déterminer si un lien de causalité direct existe entre implants et symptômes, et si oui, selon quels mécanismes.
Les complications locales liées aux implants mammaires
La contracture capsulaire
- Définition : Après la pose d’un implant mammaire, le corps forme naturellement une fine membrane fibreuse autour de celui-ci (la « capsule »).
- Contracture : Dans certains cas, cette capsule s’épaissit et se durcit, entraînant des douleurs et des déformations esthétiques (sein dur, déformé).
- Facteurs de risque : L’hématome, l’infection, la qualité de la technique chirurgicale, et la réaction inflammatoire autour de l’implant.
- Prise en charge : Médicale (anti-inflammatoires, massages dans les stades précoces) ou chirurgicale (reprise de la loge, ablation de la capsule et remplacement éventuel de l’implant).
La rupture d’implant
- Causes : Usure naturelle de l’enveloppe au fil des années, traumatisme, compression excessive.
- Symptômes : Douleurs ou modifications de la forme du sein, bien que parfois asymptomatique.
- Diagnostic : Échographie mammaire ou IRM.
- Prise en charge : Retrait ou remplacement de l’implant rompu.
L’infection et l’hématome
- Infection : Peut survenir immédiatement après la chirurgie ou plus tard, se manifestant par des douleurs, une rougeur, un gonflement et parfois de la fièvre.
- Hématome : Accumulation de sang autour de la prothèse, survenant souvent dans les premiers jours ou semaines postopératoires.
- Traitement : Antibiotiques, drainage ou retrait temporaire de l’implant si nécessaire.
Que la santé immortelle descende du ciel pour avoir soin de tous vos jours ! Voltaire
Le Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules (LAGC-AIM)
Définition
- Le Lymphome Anaplasique à Grandes Cellules associé à un implant mammaire est un type rare de lymphome non hodgkinien.
- Il ne s’agit pas d’un cancer du sein au sens classique (cancer de la glande mammaire), mais d’un cancer du système immunitaire qui se développe à proximité de l’implant, dans la capsule péri-implantaire.
Symptômes et diagnostic
- Symptômes courants : Épanchement autour de l’implant (un liquide s’accumule dans la loge de l’implant), augmentation soudaine du volume du sein, douleur, masse ou gonflement.
- Diagnostic : Analyse du liquide recueilli autour de l’implant (cytologie et immunohistochimie), imagerie (IRM, TDM) et examen anatomopathologique.
Prise en charge
- Traitement chirurgical : Retrait de l’implant et de la capsule fibrotique environnante.
- Traitement complémentaire : En fonction du stade, une chimiothérapie ou une radiothérapie peut être envisagée.
- Pronostic : Généralement favorable si la maladie est détectée précocement et traitée de manière adéquate.
Prévention et surveillance
- Choix de l’implant :
- Discuter des différents types d’implants (salins, silicone, surface lisse ou texturée) avec son chirurgien.
- Peser les avantages et les inconvénients, y compris le risque potentiellement plus élevé de LAGC-AIM avec certains implants texturés.
- Suivi médical régulier :
- Examens cliniques et imagerie régulière (échographie, IRM) pour détecter précocement une rupture, un épanchement ou une contracture.
- Consulter rapidement en cas de douleur, gonflement ou modification esthétique du sein.
- Informer le chirurgien de tout antécédent médical :
- Pathologies auto-immunes, allergies, sensibilité particulière à certains composants.
- Cette information aidera à prendre la meilleure décision concernant la pose d’implants.
- Prévention des complications :
- Respecter les consignes postopératoires (repos, port d’un soutien-gorge de contention, hygiène).
- Surveiller et signaler toute anomalie (rougeur, fièvre, écoulement) pour traiter rapidement une infection ou un hématome.
- Prise en compte du facteur psychologique :
- Discuter avec un(e) psychologue ou un(e) psychiatre si des symptômes de dépression ou d’anxiété surviennent.
- Prendre en compte l’impact psychologique d’une augmentation mammaire et de ses éventuelles complications.
Les complications et maladies liées à l’augmentation mammaire (regroupées parfois sous le terme de « Breast Illness » ou « Breast Implant Illness ») recouvrent des réalités différentes :
- Des symptômes généraux encore mal expliqués (fatigue, douleurs diffuses, brouillard cérébral, etc.),
- Des complications mécaniques ou inflammatoires avérées (contracture capsulaire, rupture, infection),
- Un risque rare de lymphome anaplasique à grandes cellules.
Il est essentiel de discuter avec un chirurgien plasticien expérimenté pour comprendre les risques, les avantages et les alternatives à la pose d’implants mammaires. Un suivi médical régulier est primordial pour dépister précocement tout problème et permettre une prise en charge adaptée. Si une patiente suspecte un lien entre ses implants et certains symptômes (Breast Implant Illness), une consultation spécialisée (rhumatologue, immunologue, etc.) peut permettre d’exclure d’autres causes et d’évaluer la pertinence d’un éventuel retrait d’implant.
